Wace, XIIe siècle (© Guillaume Néel).
Cet auteur-là ne goûta jamais la cuisine de la « Belle Ernestine ». Et pour cause : il mangeait déjà les pissenlits par la racine depuis belle lurette, que la cuisinière cauchoise n’avait pas encore fait mijoter son premier ragoût. Né dans l’île de Jersey, peut-être aux alentours de 1110, Wace fut, selon ses propres dires, « mis a lettres » tout jeune en la belle ville de Caen. En d’autres termes, on confia à des religieux le soin de l’éduquer et d’en faire un étudiant modèle. Plus tard, il occupa la fonction de clerc lisant auprès de trois ducs de Normandie, pour mémoire également rois d’Angleterre. Puis il obtint de la part d’Henri II Plantagenêt une prébende de chanoine à Bayeux. Du talent, il en avait à revendre « maistre Wace », sachant tourner de beaux vers et mettre en forme les histoires d’autrefois. Dans le Roman de Brut, il fut le premier auteur à asseoir Arthur et ses chevaliers autour d’une Table ronde, symbole d’une parfaite égalité. Dans le Roman de Rou, il raconta l’épopée des premiers ducs de Normandie, donnant des détails passionnants sur Guillaume le Conquérant et la bataille d’Hastings. Et le tout en langue anglo-normande, l’ancêtre de not’ loceis. Pour la gloire !
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